Sites & applications web, Consulting Publié le par Thomas Borgognon

A quoi sert un développeur en 2027 ?

person facing computer desktop

Si une IA peut écrire des milliers de lignes de code en quelques minutes, à quoi sert encore un développeur ? C’est une question qu’on nous pose de plus en plus, et j’ai ma petite idée sur la réponse. Quand j’ai commencé mon bachelor en 2019, je n’aurais pas imaginé écrire cet article. Presque 7 ans plus tard, j’entends tout et son contraire sur le métier.

Petite précision : j’utilise le terme « développeur » au masculin, non pas parce que ce serait un métier d’hommes (au contraire, les femmes manquent cruellement dans notre milieu), mais parce que cet article reflète ma vision personnelle de mon métier.

Résumé rapide pour les plus pressés

L’IA a changé la vitesse à laquelle on écrit du code, mais pas ce qu’on attend d’un bon développeur. Coder est une compétence, alors que le métier consiste surtout à concevoir : planifier, choisir des solutions durables et sécuriser le projet.
Chez O’Matic, de plus en plus de clients qui ont lancé leur projet avec l’IA reviennent vers nous pour un audit, et on y trouve régulièrement des failles, parfois même une refonte à prévoir.
Avant de vous lancer, posez-vous donc trois questions : ai-je besoin de cette fonctionnalité, résout-elle vraiment un problème, et sera-t-elle durable ?

Au début, c’était quoi un développeur ?

Avant l’arrivée de l’IA, on imaginait souvent quelqu’un enfermé dans un open-space ou un garage. Il disparaissait début janvier et revenait en décembre avec un logiciel complet, après une année passée à écrire des lignes de code que personne ne comprenait à part lui, et qui n’intéressaient personne d’autre.

C’est une caricature, mais beaucoup de gens nous voient encore un peu comme ça. En réalité, on demande au développeur de connaître pas mal de choses, comme les design patterns (des solutions types à des problèmes qui reviennent souvent en programmation) pour résoudre des problèmes récurrents sans se prendre la tête, et les bonnes pratiques qui garantissent un code maintenable et lisible par ses collègues. Écrire du code n’est donc qu’une compétence parmi d’autres.

Un exemple : un cuisinier ne se résume pas à connaître des recettes. Il doit aussi savoir couper, éplucher, dresser. Et j’en passe, car je suis un très mauvais cuisinier.

Et aujourd’hui, c’est quoi un développeur ?

Le métier n’a pas tant changé. Nous sommes toujours des concepteurs (un terme plus juste, d’ailleurs). Nous devons toujours réfléchir à la façon de réaliser correctement un projet pour qu’il dure dans le temps, et surtout nous assurer qu’il n’est pas une passoire.

Chez O’Matic, de plus en plus de clients qui ont lancé leur projet avec l’IA reviennent vers nous pour auditer le travail déjà fait. Dans la plupart des cas, on y trouve des règles de sécurité non respectées, des failles plus ou moins graves, et à terme une refonte majeure. Je me souviens d’un de mes cours, où notre enseignant nous répétait qu’avant de coder, il faut planifier et réfléchir.

Ai-je besoin de cette fonctionnalité ? Cette implémentation résout-elle vraiment un problème ? Quel est mon vrai problème, au fond ? Toutes ces questions m’amènent à mon prochain point.

Coder pour coder

Aujourd’hui, l’IA nous permet d’écrire un volume de code inimaginable, dans des délais qui feraient pâlir le champion du monde d’Excel. Mais coder n’est pas un métier, c’est une compétence technique au service de la réalisation d’un projet digital.

Avons-nous vraiment besoin d’un 350e analyseur de statistiques marketing ? Quel problème résout-on quand on génère une image rigolote pour les réseaux ? Quel message ai-je envie de transmettre quand je fais l’affiche du vide-grenier de mon village ? Tout cela serait bien beau si l’on n’oubliait pas de se demander pourquoi on le fait, car ça ne permet pas d’avancer. On gaspille même des ressources qui pourraient servir à faire évoluer votre business.

On oublie aussi qu’une IA n’est qu’un ensemble de données optimisé pour produire une réponse en fonction de ce qu’on lui donne. Elle ne crée rien, elle répond à votre demande. Demain, je sais pertinemment que je ne pourrais pas établir seul le plan d’une centrale nucléaire. Mais si je le demande à l’IA, elle m’en donnera un. Aurai-je pour autant la capacité de savoir s’il fonctionne ? Vais-je voir si cette solution est vraiment durable et adaptée à mes besoins ?

Pour vous, concrètement

Si vous lancez un site ou une application, la vraie question n’est pas « qui code le plus vite ? », mais « qui va m’aider à construire quelque chose qui tiendra dans le temps ? ». Un bon développeur va d’abord vous poser des questions : à qui s’adresse ce projet, quel problème doit-il résoudre, qu’est-ce qui peut attendre ? C’est moins spectaculaire qu’un prototype généré en dix minutes, mais c’est ce qui vous évite de tout refaire dans un an.

Le métier de développeur n’est pas mort

Aujourd’hui, on a peut-être moins besoin d’apprendre la compétence du codage (qui n’est pas si compliquée, en réalité). Je ne pense même pas que nous l’ayons perdue. Je dirais plutôt que notre job n’a pas changé, il s’est simplement rationalisé.

C’est à nous, développeurs et développeuses, de transmettre ce qu’est un vrai bon développeur. Ce n’est pas la personne qui écrira le projet le plus long, le plus rapide, le plus complexe ou le plus simple. C’est celle qui fera le projet le plus adapté, et celui qui nécessitera le moins de refontes dans le temps, pour que votre codebase reste saine et évolue plus facilement, avec la plus grande fiabilité.

En réalité, c’est ce qui a toujours fait mon métier.

Le métier de développeur n’est pas mort, il a retrouvé ce qu’il avait toujours été : réfléchir avant d’écrire. Si vous avez un projet en tête, ou un projet déjà lancé avec l’IA dont vous aimeriez un regard extérieur, parlons-en autour d’un café. Prenez contact avec nous.